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Bazart Magazine Rencontre La couv' BA 196 : Hanna Van der Valk

La couv' BA 196 : Hanna Van der Valk


article paru le lundi 07 mars 2016




Lignes de fuite

Hanna Van der Valk est une jeune artiste installée à Bruxelles travaillant essentiellement le dessin et l’édition. Aujourd’hui, son œuvre emprunte les chemins de la gravure à la pointe sèche pour lui conférer une nouvelle dimension, et du monotype pour décupler les possibles.

Après la fac d’arts appliqués de Strasbourg, Hanna fréquente l’école supérieure d’arts et médias de Caen pendant cinq ans, durant lesquels elle met au point sa technique de dessin au lavis qu’elle continue d’étoffer depuis. Hanna éprouve ce besoin, une fois le trait apposé, de le mettre à l’épreuve par l’eau, de le voir s’amenuiser, disparaître ou faire une tache et grossir ; que le dessin s’exprime de lui-même et non uniquement de la maîtrise du geste initial.

Dans ses monotypes, le dessin est réalisé en amont à la pointe sèche sur une plaque de plexiglas, l’encre y est déposée de manière aléatoire et, au contact de la feuille de papier qui sera son ultime support, prend des formes et des contours propres à chaque tirage.

J'aime dessiner les traits et les voir bouger ou disparaître par le mouvement de l'eau. C'est comme si le dessin m'échappait parfois et prenait vie de son côté.”

Hanna dessine des portraits, juste le visage ou coupés à la taille ; exclusivement des femmes et des enfants. Parce que c’est ce qu’elle connaît le mieux, et aussi parce que ces projections d’elle-même, à qui elle mène « lavis dur » lui permettent de transcender la feuille de papier et de livrer sa propre vérité avec ce qu’elle contient de flou, d’imprécis et de rêves. Ces portraits, comme tout un chacun, sont faits d’accidents, d’erreurs, d’imprécisions et c’est ce qui fait toute leur beauté, en faisant d’eux ce qu’ils sont. Toujours frontaux ; tantôt doux, tantôt durs, ils ne cillent jamais et semblent soutenir notre regard, ils nous font face de toute leur puissance et leur douceur.

Hanna dit dessiner pour lutter contre la disparition propre à la nature même des images. Et on n’est pas prêt d’oublier ces visages, qui nous hantent longtemps après les avoir regardés.

Marianne Deligné

Actualité : Hanna œuvre aussi avec une amie sous le nom collectif Brume. Leur dernier projet, Paroles de la rue, compile des bribes de conversations entendues dans l’espace public en un poème surprenant.


C/O : hannavdv.com

Mise à jour le Lundi, 07 Mars 2016 12:27  

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