La dernière tentation du rock
Avec bientôt 2 années d'existence, de tremplin en tremplin et de festival en festival, les Jesus Christ Fashion Barbe sont considérés comme le groupe caennais qui monte. Rencontre avec ces messies du lo-folk n'roll.

Éludons dés le départ le choix de leur nom, Jesus Christ Fashion Barbe, derrière lequel se cache ni un groupe de pop-rock chrétienne ni de métal sataniste. L'origine est toute simple. "On a choisi ce nom parce qu'il en fallait bien un. Celui-ci nous fait bien marrer et sonne bien, même si ça ne correspond pas forcément à notre musique", explique Nicolas M., chanteur/guitariste. "En plus, vu sa longueur, il ressort bien sur les affiches et les programmes des festivals, on nous consacre une ligne entière !" sourit l'autre Nicolas L., bassiste. Cette saison, les scènes des festivals, ce trio caennais amis d'enfance, les 2 Nicolas donc et Charles-Antoine à la batterie, les ont écumés, des 3 Éléphants aux Hétéroclites en mai, d'Art Sonic à la grande scène de Beauregard en juillet en passant par les Vieilles Charrues dont ils ont remporté le tremplin. Du coup, le rendez-vous est d'ores et déjà pris pour l'édition 2012 dont ils feront l'ouverture. En attendant, entre deux dates d'une longue série de concerts d'ici la fin de l'année, avec les Abrincat's à Avranches, le Barathon à Orléans ou encore les Rockomotives de Vendôme, le groupe profite d'un studio 24/24 au Cargö dont ils ont été lauréats du tremplin AÖC 2010. Du pain béni pour travailler sur l'enregistrement d'un EP qui sortira à l'automne en dématérialisé, accompagné si possible d'un support physique.
Révélation(s)
Leur style : le lo-folk n'roll. "Là aussi il a fallu mettre un nom sur notre musique, nous avons donc inventé ce mot. Même si ça n'a pas trop de sens, ça reste important de se définir. Et puis tout le monde le fait donc pourquoi pas nous !" Le qualificatif est issu de la contraction de la lo-fi, du folk et du rock'n roll. Guitare acoustique, batterie sans grosse caisse, basse, le résultat sonne quasiment comme une transe sirupeuse, mélodique, entêtante. La composition est spontanée, il y a une grande part d'improvisation. Tout commence par quelques riffs, débouchant sur une mélodie, puis Nicolas L. pose sa voix "en yaourt" (dixit le groupe). Ensuite un mystérieux 4ème membre, que l'on appellera P., intervient pour écrire avec eux les textes. "Ce n'est pas un ghost-writer, mais il préfère rester dans l'ombre". Les paroles sont plutôt abstraites. "On aime quand le public peut laisser aller son imagination. C'est plus une succession d'images, qu'un propos précis. Dans "Pimp" une phrase n'a rien à voir avec celle d'après". Alors, même si de son propre aveu Nicolas doit encore travailler son accent, tendez bien l'oreille, ça vaut le coup !
Antoine Vulliez
C/O : myspace.com/jcfbarbe



