• Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Bazart Magazine Dossier CONTEUR GRIOT : JOSEPH N'TARI : D'un rivage à l'autre

CONTEUR GRIOT : JOSEPH N'TARI : D'un rivage à l'autre


article paru le mercredi 04 février 2009




Un proverbe africain dit : « Quand tu reçois un héritage, il faut le fructifier. » C'est ce que Joseph N'Tari tâche de faire avec ses contes : jeter des ponts entre culture congolaise et française pour transmettre des valeurs universe

CONTEUR GRIOT : JOSEPH N\


En Afrique, ils sont dépositaires de la tradition orale. Mémoire vivante de leur pays, les griots sont à la fois musiciens, conteurs et poètes. Lui, n’a pas hérité de ce statut, il l’a choisi. Originaire du Congo-Brazzaville, Joseph N’Tari est installé en France depuis 14 ans. Il est avant tout conteur. D’ailleurs, il ne sait plus exactement à quel moment il l’est devenu. « Durant mon enfance, j’ai vécu au milieu de griots et de conteurs. Cela m’est donc venu assez naturellement. » Des bancs de l’école au Ministère de la culture, la première partie de sa vie est jalonnée par nombre de projets culturels. Après avoir quitté son pays natal, il a développé son activité de conteur musicien. « Quand je suis arrivé dans l’agglomération rouennaise, à Grand-Couronne, j’ai fait la rencontre de plusieurs artistes. A l’époque, les conteurs me sollicitaient en tant que musicien. »

Joseph N’Tari monte des contes sur la demande d’associations, d’ONG, d’écoles ou de bibliothèques. Cet artiste tout-terrain (théâtre, gospel, danse), qui a également goûté au conte écrit en prenant part à l’ouvrage Mounzieté - Contes de la banlieue (éd. Krakoen), essaie de mettre en rapport la culture française et sa culture d’origine.

Vecteur culturel

Le civisme, la solidarité et l’environnement sont quelques-uns des thèmes composant son répertoire. « Ce sont des thèmes universels. Comme s’interroger sur la manière dont un enfant peut s’intégrer dans la société », explique-t-il avant d’ajouter, « Je ne conte pas pour conter. J’ai envie de transmettre un savoir, des valeurs existentielles, pour essayer d’aider, de faire voir les choses autrement. La France a une vraie richesse en matière de contes. Mais on a parfois tendance à l’oublier. C’est comme si les gens avaient enfoui ces histoires dans une grotte. J’essaie de leur indiquer le chemin. Nous autres, conteurs, sommes comme le bout du bâton de pèlerin. »

Pendant ses contes, Joseph N’Tari joue de ses propres instruments, alternant entre guitare, djembé, sanza, balafon et kora. Un air suffit pour nourrir son récit. « Je n’écris rien. Une fois que l’idée est là, je brode autour. Je m’inspire des contes de mon enfance et de ce que j’observe autour de moi. » Ses histoires à lui parlent autant de la nature et des animaux que des hommes. «  En Afrique, le conte puise dans le quotidien, autrement dit dans tout ce qui nous entoure. » Mais sur scène, c’est aussi collectivement que l’artiste africain envisage le récit. « Quand mon père contait, l’auditoire alimentait l’histoire. A mon tour, j’essaie, dans la mesure du possible, de faire participer jeunes, adultes, enseignants, animateurs... » L’homme sait adapter un conte à un public et à ses besoins. D’ailleurs, quand on lui demande quel est son âge, sa réponse reste élusive : « entre 10 et 70 ans ! »


Le 31-01 à 15h à l’Eglise Ste Jeanne d’Arc, Rouen

c/o : 06 99 23 20 46

 

Sur l'agenda

<<  Septembre 2020  >>
 Lu  Ma  Me  Je  Ve  Sa  Di 
   1  2  3  4  5  6
  7  8  910111213
14151617181920
21222324252627
282930    

LA COUV' DU MOIS

ABONNEMENT