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Bazart Magazine Dossier LE SLAMEUR ET LE GRIOT : YO ET AMADOU KOUYATE : Au croisement des oralités

LE SLAMEUR ET LE GRIOT : YO ET AMADOU KOUYATE : Au croisement des oralités


article paru le mercredi 04 février 2009




Le premier est un slameur bas-normand, le second est un musicien issu d'une illustre famille de griots du Mali. De leur rencontre est né un spectacle où les textes aiguisés et poétiques de Yo croisent le chant vibrant d'Amadou et le son magique de sa kora sur les routes africaines. Entretien en coulisses avant leur entrée sur scène.

LE SLAMEUR ET LE GRIOT : YO ET AMADOU KOUYATE : Au croisement des oralités


Bazart mag’ : Comment l’idée du projet Le slameur et le griot vous est-elle venue ?

Yo : « Avec Amadou, on s’est rencontrés il y a un an à l’occasion d’un atelier sur le thème du conte afro-normand, autour de l’oralité et de la musique. Lorsqu’on a joué ensemble, j’ai eu des frissons en l’entendant ! J’ai pensé que ce serait une excellente idée d’explorer les textes d’une autre manière. On s’est dit qu’il faudrait faire quelque chose ensemble. On l’a fait. »


B.M. : De quoi parlent les petites histoires du spectacle ?

Y. : « Elles racontent le voyage que j’ai fait au Sénégal dans le cadre de la prévention sida quand j’étais encore infirmier. J’aborde des thèmes comme les enfants de la rue, la nature, l’immigration, le sida, les richesses que la France a pillées, mais aussi l’envie de construire d’autres rapports avec les gens. Je propose une vision de l’Afrique qui n’est ni misérabiliste, ni idyllique. Je la présente au gré de mes rencontres. Cela reste un regard subjectif, qui n’engage que moi. Amadou, avec son chant et sa musique, y apporte une profondeur. »

Amadou Kouyaté : « J’aborde également les mêmes sujets dans mes chansons. »


B.M. : Comment travaillez-vous sur cette création ?

A.K. : « Je travaille à partir des sentiments que Yohan dégage sur scène quand il parle. J’ai l’impression de ressentir et d’exprimer des choses en adéquation avec ce qu’il dit et fait. Il m’arrive parfois de ne pas comprendre tout ce qu’il dit, mais sa façon de parler et d’être sur scène me comble ! Il a une telle générosité ! Notre relation sur scène passe par l’émotion. »

Y. : « Très vite, je me suis rendu compte qu’Amadou savait improviser en fonction des thèmes abordés et de ce que je donnais sur un texte. En cela, chaque spectacle est différent, même si musicalement on essaie de cadrer les choses au fur et à mesure et de les étoffer. Et puis chaque fois qu’on joue, j’apporte un nouveau texte. »


B.M. : La jonction entre le slam et l’art griot vous a donc semblé évidente à faire…

A.K. : « Effectivement. Tout comme le griot, le slameur est un historien, c’est-à-dire quelqu’un qui raconte des histoires, qui parle du vécu. Chez moi, c’est une tradition. Lui, il a l’art d’un conteur. On est dans la même dimension, donc on peut se compléter. »

Y. : « Le slam n’a, grosso modo, rien inventé, puisque avant il y avait déjà les conteurs et les griots. Mon envie, à travers le spectacle, c’est de rendre hommage à la culture orale du continent africain où l’on exprime des choses simples qui passent par des mots, de la musique et de l’émotion. »


Scène ouverte de slam + Le slameur et le griot, le 21-3 à 20h30, au café Juliobona, Lillebonne (76) - 02 35 38 29 38 (médiathèque)


Sortie d’un enregistrement audio du spectacle début 2009

http://lemilieu.free.fr - www.myspace.com/culturegriot

 

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