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Bazart Magazine Dossier CONTEUR : CHRISTIAN TARDIF : Conteur et plus encore

CONTEUR : CHRISTIAN TARDIF : Conteur et plus encore


article paru le mercredi 04 février 2009




Christian Tardif fait partie de la génération des aînés dans la fratrie des conteurs normands. Homme des rencontres artistiques, il façonne une vision élargie de sa discipline.

CONTEUR : CHRISTIAN TARDIF : Conteur et plus encore


Cet après-midi-là, Christian Tardif donnait une représentation de Refrains devant un parterre d’enfants. Car, en règle générale, lorsqu’il monte sur scène, il le fait pour le jeune public. « C’est raconter aux enfants qui vous apprend le mieux le métier », explique-t-il. « Quand les enfants s’embêtent, ils vous le disent tout de suite, alors que les adultes, eux, s’embêtent poliment ! » Dans ce spectacle articulé autour d’une galerie d’animaux, l’artiste haut-normand est en duo avec la violoncelliste Rebecca Handley (cf portrait). L’un se charge du récit, l’autre du chant, quand ce n’est pas le contraire.

Depuis quelques années, Christian Tardif tend à multiplier les ouvertures artistiques. Avec Rebecca Handley, il joue aussi sa dernière création, Histoires de familles. « Un spectacle autour d’histoires très dures qui sont en réalité des contes merveilleux assez connus mais peu racontés. » Le conteur a également croisé le chemin de Farid Mahrouchi. Le musicien l’accompagne à la guitare et à la flûte sur une reprise du Miroir magique, intitulé provisoirement Une blanche-neige russe. Et Christian Tardif cite d’autres collaborations avec des conteurs en région parisienne, un collectif d’artistes rouennais nommé Les Vibrants Défricheurs, ou encore des vidéastes à Caen.

Conte et théâtre

Cet ancien instituteur, qui approche la cinquantaine, a découvert le conte au milieu des années 80 et s’est professionnalisé dix ans plus tard. « J’ai découvert le conte comme matière, je racontais des histoires en classe. Une activité a alors pris le pas sur l’autre. Et il a fallu choisir. » Le Rouennais est alors arrivé au Havre pour intégrer une école de théâtre où il était à la fois prof et élève. D’ailleurs, il se définit à la fois comme conteur et comédien. « Beaucoup de conteurs vous diront que le conte n’est pas du théâtre. Pour moi les deux sont liés : le conte fait partie du théâtre et le théâtre du conte. » Plus tard, il a monté une compagnie avec le guitariste Pierre Malon. Ensemble, ils ont fondé l’Iliade, la Maison des arts du récit du Havre, en 2004, avant que Christian Tardif ne la quitte trois ans après et monte sa propre compagnie, Métalepse.

…Métalepse ? A la définition, le conteur préfère l’illustration. « Dans l’un des films des Marx Brothers, à un moment donné Groucho regarde la caméra et interpelle les spectateurs : ‘vous avez de la chance, vous, vous pouvez quitter le cinéma quand vous voulez alors que moi je dois rester jusqu’au bout du film !’. A un autre moment, il dit : ‘cette scène est vraiment nulle, voyons la suivante !’ La métalepse c’est le fait de pouvoir glisser d’un plan à un autre et c’est souvent drôle à voir et à jouer ! Au sens strict, cette figure de style signifie ‘figure de l’après’ »… Effectivement, on préfère l’illustration !

Refrains, le 19 et 20-2, Le Rayon Vert, Saint-Valéry-en-Caux (76), Une blanche-neige russe, le 24-3, médiathèque d’Evreux, Refrains, du 31-3 au 3-4, salle Aquilon, Le Havre.

C/O : metalepse.com

 

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