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Bazart Magazine Dossier UN MAGAZINE : FUMIGENE : Prose, diversité et citoyenneté

UN MAGAZINE : FUMIGENE : Prose, diversité et citoyenneté


article paru le lundi 02 avril 2007




« Littérature de rue ». A travers cette estampille, le magazine Fumigène et son équipe d'autodidactes défendent haut et fort les cultures, la diversité et le débat politique.
Rencontre avec Raphaël Yem et Loïc Jouan, coordinateurs de cette publication nationale.


UN MAGAZINE : FUMIGENE : Prose, diversité et citoyenneté


Bazart mag’ : Comment l’idée d’un magazine a-t-elle germé ?

Raphaël Yem : « On ne se reconnaissait pas dans l’image que les médias renvoyaient des banlieues. Une image clichée, celle des « racailles » qui passent leur temps dans les halls ou brûlent des voitures. Bref, des gens qui ne peuvent pas porter des initiatives positives. Or, 90% ne font que ça : à savoir s’investir dans le monde associatif, étudier, monter des boîtes.

On s’est donc retroussé les manches pour créer un support de référence dans lequel on pourrait faire un polaroïd des initiatives citoyennes et des acteurs des quartiers, notamment. »

Loïc Jouan : « La ligne éditoriale est calquée sur les buts de l’association qui la publie, Awal Production : faire la promotion de la tolérance, de la diversité et de la lutte contre les discriminations. Et ces objectifs ne s’arrêtent pas à la Basse-Normandie. Le message est universel. D’où la diffusion nationale. »


B.M. : Vous ne trouviez pas votre compte dans la presse magazine ?

L.J. : « On la lit beaucoup et pourtant on n’y retrouve pas une synthèse de ce qu’on aime : les cultures, le débat politique... En général, le secteur est très segmenté ou trop généraliste. Et puis, Fumigène, lui, ne dépend pas d’un grand groupe de presse, sa parole n’est donc pas bâillonnée. On est indépendant par conviction. »

R.Y. : « L’équipe apporte une parole décalée : parce qu’elle ne fait pas partie des professionnels des médias et que l’info vient de la base. D’ailleurs, « Awal » signifie « parole » en berbère. »

L.J. : « Il faut savoir que l’on est tous des autodidactes. Personne n’a fait d’école de journalisme, de graphisme ou de commerce. On a tout appris par nous-mêmes, à l’image des gens des quartiers qui n’ont pas toujours accès aux « bonnes » études, aux réseaux. »


B.M. : Fumigène compte une quarantaine de contributeurs (rédaction, distribution, ...) à travers la France. Qui sont-ils ?

R.Y. : « Comme on le dit sur la page de l’édito, ce sont des journalistes citoyens, des artistes (parmi lesquels Abd Al Malik), des intermittents, des écrivains, des jeunes profs, des étudiants, des animateurs de rue, des photographes, des associatifs, des militants, des galériens, des « racailles à nettoyer au Kärcher », des provinciaux, des banlieusards, des filles et des garçons, qui ont décidé de s’exprimer fort dans le haut-parleur de la diversité. »


B.M. : Vous vous revendiquez « littérature de rue ». Pourquoi cet intitulé ?

L.J. : « Parce que, dans le cliché, ce sont deux termes opposés. Il y a d’un côté la littérature, c’est-à-dire la culture plutôt réservée à une « élite », dans la mesure où elle ne parle pas à tout le monde. Et de l’autre, la rue et sa culture populaire, son côté autodidacte.

L’idée c’est de montrer que faire un magazine venant des quartiers, portant des opinions et parlant de toutes les cultures est tout à fait possible. Chaque trimestre, on y trouve des rubriques très variées : images, musiques, scènes, livres et luttes. On peut très bien passer de l’interview d’un Spike Lee ou d’un Busta Rhymes à celle d’un Bénabar. »


B.M. : Fumigène est un magazine citoyen, engagé sur le plan politique. Mais il ne s’agit pas ici de politique politicienne...

R.Y. : « Effectivement. Il est politique dans le sens où il s’occupe des affaires de la cité. En 2006, les dossiers traitaient notamment de questions autour de la mémoire collective : la colonisation, l’esclavage, les exils, etc. « Egalité, mixité et diversité » constitue la thématique 2007. »

L.J. : « Et même en dehors de la thématique, on rencontre toujours des personnalités citoyennes qui adhèrent à nos valeurs. Elles ne sont pas là pour la promo. D’ailleurs, en général, on va les chercher hors actu. »


B.M. : Des rencontres marquantes parmi ces personnalités citoyennes ?

R.Y. : « Jamel et Fellag pour les comédiens ; Médine, IAM et Keny Arkana pour les rappeurs ; Christiane Taubira et José Bové pour les politiques ; mais aussi le généticien humaniste Albert Jacquard, le réalisateur Jean-Pierre Thorn, le musicien Youssou N’Dour, le journaliste John-Paul Lepers... On est d’ailleurs resté en contact avec certains d’entre eux. »

Retrouvez Fumigène chaque trimestre, en vente en kiosque ou par abonnement.

Maison des Associations

10-18 Grand Parc, Hérouville-Saint-Clair (14)

C/O : www.fumigene.net


Un livre (ou un magazine) que vous n’emporteriez surtout pas sur une île déserte ?

Raphaël : « Le journal Minutes, aux antipodes de nos idées, ou bien un bouquin de Pascal Sevran. »

Loïc : « Le Point, un magazine très (trop) généraliste, qui au final ne dit pas grand-chose ! Un livre de mauvaises blagues, comme ceux de Carlos ! »

Fumigène #07

Ce Fumigène à l’odeur printanière et électorale consacre un dossier conséquent à la présidentielle. A l’intérieur, un mode d’emploi gauche/droite, des comparatifs de programmes, des questions aux candidats sur la politique des quartiers.

Mais aussi une longue interview du footballeur Lilian Thuram, un sujet sur l’accès aux médias pour tous, un autre sur l’écrivain Rachid Djaidani, etc.

- Des premiers fanzinats tirés à une centaine d’exemplaires en 99 aux actuels magazines tirés à 25 000 exemplaires, l’esprit est resté le même.

- Une partie de la « conscious team »

 

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