• Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Bazart Magazine Actu L'animal : un homme comme les autres
Bannière

L'animal : un homme comme les autres


article paru le samedi 01 janvier 2011




La bête a bon dos

D'abord interdit par le Tribunal d'Instance de Cherbourg en juin dernier, "L'animal : un homme comme les autres ?" est enfin présenté au public en février.



À l'origine de ce spectacle, un sujet de droit médiéval peu connu : les procès d'animaux. Ces derniers ont régulièrement eu cours au Moyen-Age, et ce, jusqu'au XVIe siècle. Ce qui peut paraître aujourd'hui absurde était tout ce qu'il y a de plus sérieux à l'époque, avec magistrats et avocats. De vrais tribunaux en somme. Plusieurs ont été répertoriés en Normandie, dont un bannissement de sauterelles à Alençon, ou encore le procès d'une truie à Falaise au XIVe siècle. Que reprochait-on à ces animaux ? Ils étaient reconnus capables de vols et de destruction, et leur responsabilité était entière, comme celle de l'homme, devant Dieu. Logique qui renvoie directement à la question philosophique : et si les animaux avaient une âme ?

(Re)présentation


Sur un texte d'Eugène Durif, c'est Karelle Prugnaud, de la Compagnie L'Envers du décor, connue pour son travail sur le rapport à l'animalité et son théâtre assez provocant, qui est chargée de la conception avec sur scène l'acteur Xavier Berlioz. "L'animal : un homme comme les autres ?" est (re)programmé par le Trident, scène nationale de Cherbourg-Octeville, dans le cadre de ses "Assemblées des honnêtes curieux". "Ce sont plus des expériences plastiques et théâtrales que des spectacles stricto sensu" explique Mona Guichard, sa directrice, "le but est ici de proposer des rapports aux œuvres qui soient différents. J'avais envie que le public puisse approcher au plus près les artistes, d'être au milieu de leur univers et pas uniquement dans un rapport passif. Ici le spectateur est souvent acteur". Ces rendez-vous donnent l'occasion d'investir des lieux du patrimoine ou insolites (parcs, sous-marin, serres…). Le choix s'était donc naturellement porté pour la représentation - en juin 2010 dans le cadre de "Toi cour, moi jardin" - sur le Tribunal de Grande Instance qui donne alors son accord. Mais le jour même du spectacle, le couperet tombe : le Tribunal annule cette requête sur ordre du Président de la Cour d'Appel de Caen. L'absence de demande d'autorisation d'ouverture le soir, en dehors des heures habituelles, est le motif invoqué. "C'est une excuse pour une censure administrative. Associer la Justice à un cochon a dû les déranger. Il n'y a pourtant aucune fantaisie, il s'agit d'un pan de notre histoire". L'affaire fait d'ailleurs grand bruit dans la presse avec des papiers dans Rue89 ou encore le Nouvel Observateur. Aujourd'hui le public pourra enfin y assister, mais cette fois-ci dans le réfectoire de l'Abbaye du Vœu.


Antoine Vulliez


Le jeudi 10/02 à 19h30 et 20h45. Abbaye du Vœu à Cherbourg.

C/O : trident-scenenationale.com

Mise à jour le Mercredi, 12 Janvier 2011 18:28