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Bazart Magazine Actu Fermeture du Cabaret Electric
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Fermeture du Cabaret Electric


article paru le samedi 01 janvier 2011




Exclus du jeu !

Fin juin, la scène de musiques actuelles de l’espace Niemeyer au Havre fermera définitivement ses portes, laissant sur le carreau non seulement l’équipe gérante, mais aussi les musiciens, associations et public de la région havraise. Entretien avec Philippe Renault, directeur (dépité) du Cabaret Electric.

 


 

Bazart Mag’ : A quel moment la fermeture vous a-t-elle été signifiée ?

Philippe Renault : C’est un peu par défaut que l’on a appris qu’il y aurait très peu de chance pour nous de poursuivre l’activité. A partir du moment où la décision de donner à la future médiathèque les espaces du Petit Volcan et du Cabaret Electric a été actée, il était évident qu’il y aurait une fin ici. Malgré tout, on avait l’espoir d’être « relogés » ou d’imaginer un projet très rapidement pour continuer notre travail.

B.M. : On a entendu parler du Fort de Tourneville, tout comme du Magic Mirror dans le quartier des Docks. Un peu difficile de s’y retrouver…

P.R. : …et la Ville a tout fait pour cela. C’est une espèce de jeu de construction au fil de l’eau, sans véritable ligne directrice et stratégie claire de sa part, qui aboutit à cette situation. A un moment, la municipalité parle du Magic Mirror comme projet de remplacement pour la Scène Nationale et le Cabaret. Et à un autre, elle dit que les musiques actuelles montent au Fort de Tourneville. Or, pour notre part, on n’est ni dans le Magic puisque l’on n’est pas dans une gestion privée, ni à Tourneville puisqu’un autre opérateur porte le projet, en l’occurrence la Papa’s Production (NDLR : organisatrice du festival Ouest Park). Les pions se sont mis en place et on s’est retrouvés, de facto, exclus du jeu.

B.M. : La situation vous donne-t-elle l’impression d’un gâchis ?

P.R. : Effectivement, ce couperet est vécu comme une injustice et comme un beau gâchis parce qu’un projet de service public sur un territoire n’a de valeur que dans la durée. Or, on n’a pas l’impression d’avoir pu le mener à bien, de montrer le bien-fondé de notre action puisqu’on a passé les deux premières années à restructurer, ayant récupéré le lourd passif du délégataire précédent, et les trois dernières à défendre les intérêts du lieu face à une fermeture. Et malgré cela, on sort un bilan en tous points positif cette année. Lorsqu’on va rendre les clés, la puissance publique paiera les conséquences de la fermeture, les licenciements en grande partie, mais ne paiera en aucun cas un passif lié à l’activité des années précédentes. On a atteint un équilibre budgétaire. Sur le plan artistique, les acteurs reconnaissent le travail effectué. Les retours du public sont positifs, se traduisant en termes de fréquentation par une augmentation de 30% la saison dernière. Le travail d’action culturelle commence à se mettre en place et à prendre du sens, au même titre que l’accompagnement des groupes amateurs et professionnels. Les studios de répétition eux, ont un taux de remplissage de 80% et on recense 700 musiciens qui fréquentent les locaux.

B.M : Un avenir est peut-être envisageable avec ce futur projet au Fort de Tourneville.

P.R. : Je ne suis pas dans l’état d’esprit de dire : après nous, le déluge. Même si un certain nombre de questions entourent encore à l’heure actuelle le projet Tétris porté par la Papa’s, j’espère que quelque chose verra le jour. Sinon, le Havre devra encore attendre 10 ans avant d’avoir une scène de musiques actuelles digne de ce nom.

Propos recueillis par Valérie Berthoule

C/O : cabaretelectric.fr

Mise à jour le Jeudi, 20 Janvier 2011 09:36  
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