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Bazart

La couv' BM' 28 : Albena


article paru le jeudi 05 juillet 2012




Architecte de l'émotion

Artiste à fleur de peau depuis toujours, cela fait douze ans qu’Albena peint, en autodidacte. Elle a quitté sa Bulgarie natale il y a 16 ans pour s’installer en France, à Sotteville-lès-Rouen, et nous a ouvert les portes de sa maison-atelier, dans laquelle ses rêves d’enfant côtoient ses envies d’un monde meilleur. Portrait d’une grande sensible.

Albena grandit à Sofia, en Bulgarie. Artiste dans l’âme, elle dessine et peint déjà, surtout à la gouache, s’inspirant des contes de fées dont elle se nourrit. “Je passais mon temps à lire et il y avait de très jolies illustrations sur mes livres d’enfant, des icônes bulgares…” raconte-elle. Elle écrit, également, des poèmes dans sa langue, jusqu’à ce qu’elle se lance dans les études. Jamais bien loin des arts, elle devient architecte et vit de cette profession pendant cinq ans, en Bulgarie. “J’ai ensuite participé à un concours de jeunes architectes à Paris. J’y ai rencontré mon mari et j’ai décidé de m’installer en France”. Elle devient tour à tour décoratrice, graphiste à l’université de Rouen, responsable d’une petite galerie, et finit par poser ses valises à Sotteville-lès-Rouen, dans une petite maison lumineuse, et renoue avec l’un de ses amours d’enfance, la peinture. “Je ne maîtrisais pas du tout la langue, j’ai dû prendre des cours. J’ai commencé à peindre parce que j’avais un réel besoin de m’exprimer, et aussi de nouer d es contacts avec les gens”. Mission accomplie, car si le français n’est pas sa langue maternelle, Albena sait parler la langue du cœur, et le public n’y est pas insensible. “J’ai été tout de suite très encouragée à continuer ce que je faisais, et à participer à des salons, expositions”. Aujourd’hui, malgré la crise économique qu’elle ressent aussi, elle se consacre à plein temps à ses activités d’artiste. “Si on m’avait dit, il y a quelques années que j’en arriverai là, je ne l’aurais pas cru !” confie-t-elle.

Une peinture réfléchie

Albena © Marie Lemé

Accrochés aux murs de son séjour, ses nombreux tableaux se dressent, flamboyants. “Je peins exclusivement à l’huile, sur tous types de format. Je fais plusieurs couches de peinture, que je laisse sécher. C’est un travail très long mais la couleur devient vibrante, puissante”. Avant de se lancer sur la toile blanche, elle réfléchit longuement : “Cela peut durer parfois deux ou trois ans ! ” . Elle pense la composition du tableau, fait des recherches photographiques ou historiques. “Je ne peins jamais sur modèle, tout le travail se passe dans ma tête”. Et parce qu’une architecte sommeille toujours en elle, la spécialité d’Albena est de terminer ses tableaux par une touche d’encre de Chine : “je travaille au rapidograph, le stylo des architectes, pour ajouter des détails et rendre les contours plus nets”. Adepte de la peinture à l’huile, elle a pourtant développé depuis quelque temps une nouvelle technique, mixte, à base d’huile, de pastel, et d’acrylique, avec une surcouche. “C’est une technique extrêmement rapide, qui me permet d’exprimer des choses beaucoup plus légères, graphiques, spontanées, en gardant le même style”. Avec cette technique, elle cherche à atteindre le joli, le graphique. “Quand je travaille à l’huile, je travaille plus sur l’émotion qui va saisir le spectateur à la vision de ma peinture, que sur la “beauté” du tableau”.

 

Des tableaux chargés d’onirisme

Quand je peins, j’entre en méditation, dans un état qui me procure beaucoup de plaisir, je ne suis plus ici, je flâne quelque part…”. Peut-être dans ses souvenirs d’enfance ? “Je glisse dans mes œuvres beaucoup de références aux contes que je lisais petite. Il y a des princesses, des princes, des licornes… et aussi des clins d’œil à l’art nouveau, l’art japonais, la mythologie grecque ou égyptienne”. Ses tableaux sont chargés d’onirisme, de rêve d’amour et de beauté, bien loin de la cruauté de la vie quotidienne qu’elle sublime (voir la couv’ du Mag’). Mais surtout, ce qui saute aux yeux quand on s’intéresse au travail d’Albena, c’est l’omniprésence des femmes. “ Je ne suis pas “intéressée“ par les femmes mais j’aime les peindre, j’aime les belles femmes. Et bien sûr, je mets un peu de moi dans chaque femme que je peins”. Ses tableaux résonnent comme une invitation à la rencontrer.

Marie Lemé

Exposition collective Le chat dans tous ses états.

Jusqu’au 30/09 au Parc Artmazia 25 route de Neufchatel à Massy

Visites d’ateliers d’artistes, les 29 et 30/09.

C/O : albena.painter.free.fr


La couv’ Agenda : À bon port

Je me suis inspirée des contes des 1001 nuits et notamment de l’histoire de Sinbad. Les légendes racontent que le chant des sirènes est dangereux, faisant oublier d’où on vient et où on va. Le marin du tableau semble avoir fait le choix d’être envoûté par les sirènes, mais il devient séducteur à son tour, tel un charmeur de serpents. C’est une double séduction, en même temps dangereuse et magnifique”.

 

La couv’ Mag’ : La Madone du coin de la rue

Ce tableau correspond à quelque chose qui m’a frappée il y a quelques années. J’étais dans le métro parisien et j’ai vu une femme, en pleine journée, qui était en train de dormir avec son petit garçon. J’y ai pensé pendant des mois, je me suis dit qu’il fallait que je fasse une sorte de peinture hommage à ces mères qui sont dans la rue. C’est la seule chose que je pouvais faire pour elles”.

Mise à jour le Jeudi, 05 Juillet 2012 09:11  

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