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Bazart

La couv' BM 27 : Dominique Vervisch


article paru le dimanche 01 janvier 2012




Un New-York revisité

A notre grande joie, nous sommes allés à la rencontre de Dominique Vervisch, un peintre pas comme les autres, qui revisite le réel et nous enchante.


Le rendez-vous est donné, Impasse des Pingouins à Sotteville-lès-Rouen. Dans une ambiance automnale, quelques palmipèdes dispersés par-ci par-là, me confirment que je suis sur la bonne voie. Une enseigne accolée sur le mur de la maison, où est inscrit “Ici vécut Dominique Vervisch 1991-2012”, témoigne de son actuelle domiciliation. J’aperçois l’artiste, un pingouin brodé sur la poche de son polo. Il me salue et m’ouvre la porte de son atelier. Des pingouins grands, petits, en peluche, en porcelaine, en photo, y tapissent les quatre murs. Au fond à gauche, le tableau sur lequel il travaille, le Guggenheim Muséum situé à New-York (la couv’). Il fera partie de sa nouvelle série sur New-York, ville dont il a arpenté les rues en octobre dernier. Le musée est peint, reste à y ajouter tous les symboles fidèles à Vervisch et bien d’autres encore.

Fidèles symboles

Dominique est passionné par l’architecture et principalement celle des grandes villes. Le Havre, Rouen, Paris, Venise, Londres et bien sûr New-York l’inspirent. Il détourne la réalité de ces villes en y apposant une multitude de symboles pour nous entraîner dans son monde, un monde magique et irréel, au ton humoristique. Le symbole qui fait mouche, euh pingouin, vous l’aurez compris, c’est son fidèle ami, le pingouin. Adélie, empereur ou encore royal, tous ont une place privilégiée dans ses tableaux. Ils sont apparus tout naturellement, pour la première fois, sur un tableau d’un Rouen sous le froid où l’artiste y avait disposé un bloc de glace un peu trop orphelin. Depuis ils ne le quittent plus et s’invitent dans chacune de ses toiles. A défaut de personnages, ils sont les seuls témoins de la scène, drôles et décalés comme leur auteur. “Je fais partie du club des pingouins de Dieppe, je me baigne toute l’année, c’est très vivifiant”, ironise l’artiste. D’autres éléments symbolisent son univers, comme la neige, beaucoup de neige causée par le réchauffement climatique, les tracés d’avions qui mettent en valeur un ciel sans nuages, les marionnettes de la compagnie Royal de Luxe qui développent notre imaginaire et évoquent une certaine magie, Tintin qui fait référence à ses origines flamandes et bien d’autres encore. Le tout éclairé par l’astre nocturne, car depuis plus de six ans, Dominique est dans une période lunaire. “Je peins beaucoup la nuit, jusqu’à deux ou trois heures du matin. La journée, il y a trop de choses qui me perturbent” précise-t-il. Et, en effet, tout au long de notre conversation Dominique est sensible à tout ce qui l’entoure, il s’arrête lorsque le téléphone sonne, puis reprend, puis s’arrête de nouveau pour ouvrir son courrier. Il me conseille alors une exposition à laquelle il est convié, me dit pourquoi il est abonné à ce magazine d’art et me demande si je suis allée à l’exposition de Jace à Fécamp où il souhaite se rendre. Au même moment, il me dit vouloir ajouter un graff de Jace, un gouzou, sur le mur du musée, qui est selon lui pour l’instant un peu trop vide.

Peintre visionnaire

Dans ses représentations des villes, Dominique aime peindre les grands projets architecturaux avant qu’ils ne soient terminés voire commencés en s’appuyant sur des documents qu’il conserve précieusement sur chacune des villes. Sur cette série spéciale New- York, la Tour de la Liberté qui n’est pas encore achevée, est visible sur chaque tableau. De la même manière, pour Le Havre, il a peint la Tour Jean Nouvel, projet reporté à ce jour. Originaire de Sotteville-lès-Rouen, il se rend régulièrement au Havre, au moins une fois par semaine, il adore la mer, la Seine et son estuaire et il compte bien y vivre un jour. D’ailleurs, l’enseigne aperçue en arrivant, laisse présumer d’un déménagement pour bientôt. Après des études graphiques à Vernon et une expérience de peintre-décorateur en faux bois, Dominique s’est essayé pendant cinq ans à la sculpture. Mais, son attrait pour la peinture était plus fort, “je peux aussi faire des sculptures en peinture” précise-t-il. Sa technique, la peinture à l’huile avec en plus, depuis quelques années, des collages de certains éléments ou personnages qu’il souhaite intégrer comme Marilyn Monroe, Tintin ou la Petite Géante. Il les laisse brut, parfois il les repeint. Il va même jusqu’à retoucher certains de ses anciens tableaux, où il estime qu’il manque quelque chose. A la fin de notre rencontre, j’aimerais rester là pour rêver encore un peu et sculpter tous les détails de ce monde revisité. Il me tarde de voir le résultat. Et de découvrir, un jour peut-être, un pingouin à Shanghaï.

Chantal Legrand

>> Exposition à la Galerie Hamon au Havre jusqu’au 11 janvier.

Sortie du livre New-York Pinguin en 2012.

C/O : dominique-vervisch.com

Mise à jour le Mardi, 27 Décembre 2011 13:22  

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