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La couv' BM 24 : Patrick Boulnois


article paru le mercredi 30 mars 2011




A la recherche du temps perdu

Dans son univers fantastique et onirique, le peintre havrais Patrick Boulnois joue sur les symboles personnels et universels tout en sondant sa propre enfance.

Robur © Patrick Boulnois

 

La chevauchée du non-sens, Nous sommes vraiment peu de choses, La nef du bonheur… Il suffit de citer ces quelques noms d’œuvres pour comprendre où va s’ancrer la peinture de Patrick Boulnois depuis ses débuts professionnels il y a 20 ans : dans le fantastique et le symbolisme. Quoique tout cela remonte à plus loin encore, dans l’enfance. Comme ce jour où le jeune garçon fut marqué par la vision du Jardin des délices du peintre de la Renaissance et du genre fantastique, Jérôme Bosch. Comme ces années où il a découvert la littérature fantastique, dévorant les Kafka, Poe, Borges et autre Saramago. « J’ai besoin de défricher le mystère », explique-t-il. « La psychologie des individus, l’ailleurs, la différence, le voyage ou l’inconnu sont pour moi des puits sans fond de réflexions. » L’artiste va également fouiller au sein de sa propre enfance. Autre fil conducteur dans son oeuvre. « L’enfance c’est la base du vécu, elle constitue nos fondations. J’aime la phrase de Louis Pons qui dit : « un adulte est un enfant couvert de cicatrices. » Réussir sa vie pour moi, c’est combler les vides de son enfance et développer ce qui nous a manqué ou marqué pendant cette période. »

20h30

Dans ses tableaux aux couleurs intenses, résultat obtenu grâce à la technique du glacis utilisée à partir de la Renaissance, le peintre havrais met en scène oiseaux anthropomorphes, belles demoiselles et tout un bestiaire pour raconter des histoires qui oscillent entre sphère intime et portée universelle. Et si Patrick Boulnois aime peindre de temps à autre des « choses légères et simples », l’autre partie de son travail s’axe autour du symbolisme. Ses œuvres sont traversées entre autres par les questions relatives à la maternité et à la paternité, à la relation de l’homme à la nature, au libre-arbitre avec les notions d’inné et d’acquis par exemple. Ou encore par la question du temps qui passe, l’une de ses grandes obsessions. La présence récurrente dans ses tableaux d’une horloge définitivement arrêtée sur 20h30, heure de sa naissance, en atteste. « Ce n’est pas la peur de vieillir qui m’inquiète, mais le temps qu’il me reste. Pour moi, la vie étant si fragile et éphémère que j’ai besoin de vivre les choses intensément et de les figer sur tableau afin de laisser une trace. »

Valérie Berthoule

C/O : fr-fr.facebook.com/boulnois.peintre - boulnois.peintures.monsite-orange.fr

 

Machine volante

Robur, l’œuvre de la couverture, fait référence à un roman de Jules Verne, Robur le conquérant. Patrick Boulnois a peint cette toile à l’occasion d’une exposition autour de Jules Verne à Nantes.

Mise à jour le Mercredi, 30 Mars 2011 09:57