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Bazart

La couv' BM 23 : M.U.K


article paru le samedi 01 janvier 2011




Peintre en sentiments

Ce titre en forme de jeu de mots est en réalité une trouvaille de Fred, l’artiste de la couv’. Plutôt doué en aphorisme, le garçon l’est également avec un pinceau à la main. Ses toiles, il les signe de l’acronyme M.U.K. pour « myself under karma » : tout est là, ou presque !

 

 

 

 

Jamais un entretien n’en aura davantage raconté sur une personne que sur son travail. Et la personne en question est un jeune peintre de Rouen prénommé Fred, alias M.U.K. Rapidement, on découvre ainsi la nature hypersensible d’un jeune homme, et artiste donc, qui connecte ses antennes sur tout ce qui l’entoure. Il questionne sans cesse le monde autant que ses propres actes et pensées. Durant ce long entretien, les réflexions fusent. Et pour peu que l’on veuille le suivre sur cette voie, l’échange peut se révéler ô combien passionnant ! Exigeant vis-à-vis de lui-même, le garçon avance, dans la vie comme dans l’art, avec une humilité non feinte.

Le jeune artiste de 29 ans peint depuis près de dix ans, mais nous apprend sans détour qu’il n’a jamais vendu une seule de ses toiles. Il ne le souhaite pas. D’une part parce qu’il est très éloigné des lois commerciales en vigueur, on sent chez lui une démarche d’affranchissement vis-à-vis du marché de l’art. Deuxième raison invoquée, non sans une certaine gêne cette fois : il ne peut se détacher de ses travaux. Mais Fred se soigne, content de nous apprendre qu’il vient d’offrir un de ses tableaux à un organisme de bienfaisance aux Etats-Unis, Friends of the Pittsburgh Urban Forest. Ce don fait sens pour lui. Il correspond aux causes importantes à ses yeux. « J’essaie de trouver une alternative en n’accordant de valeur matérielle aux choses. » D’aucuns le taxeraient de zig un peu new age, ils auraient tort !

Rencontres heureuses et expériences douloureuses

C’est seul que Fred a construit son apprentissage dans la peinture. Il n’y a ni école, ni maître à détecter dans le parcours de cet autodidacte. C’est une rencontre cependant, qui déclencha l’acte de peindre. Une rencontre sur une carte postale envoyée par sa petite amie de l’époque. Une rencontre avec un peintre et son œuvre. Basquiat. « C’est lui qui m’a ouvert la voie. Je me suis alors lancé dans la peinture, 24 heures sur 24, pendant 4 ans ! » Par la suite, il allait un peu délaisser les pinceaux pour ses histoires d’amour et la musique. Il a repris goût à la peinture il y a un an environ… grâce à une autre histoire d’amour !

Dans les œuvres de M.U.K., la joyeuse profusion des couleurs et des matières contraste avec les histoires qu’elles racontent. Les personnages représentés apparaissent comme meurtris, voire abîmés par la vie. A écouter Fred, on se rend compte progressivement que nombre de ces histoires sont inspirées par ses propres expériences. Des expériences douloureuses, liées par exemple à la relation aux parents ou bien à la relation amoureuse. On comprend mieux alors l’acronyme M.U.K., « myself under karma. » Mais les choses viennent à évoluer. Ce travail, réalisé au départ dans la souffrance, Fred aimerait (enfin) prendre du plaisir à le faire. « Je l’ai vécu comme quelque chose d’exutoire, mais ça ne devrait pas l’être selon moi. J’ai longtemps cru que prendre du plaisir dans la création était un truc d’égo. » Le karma peut également être synonyme de bonheur, il le sait à présent. Et ça tombe bien puisqu’il est sur la voie… de l’épanouissement !

Valérie Berthoule

C/O : myspace.com/freedmusic


Couv’… burlesque

Le tableau en couv’ du magazine, intitulé Burlesque, lui ne raconte pas d'histoire particulière, mais il reste toutefois l’un des préférés de son auteur. « C’est un chaos qui a l’air joyeux. » Étonnamment ou pas, c’est la seringue qui intrigue. « La seringue comme… promesse d'un monde. Ici, la drogue c’est tout ce qui nous entoure, nous est proposé, des choses auxquelles souscrire, adhérer, financer, acheter… »I Du burlesque sérieux, en somme !

Aphorisant !

Quand il ne peint pas, Fred écrit des aphorismes. Souvent bien sentis et bien écrits, il considère ces « cadeaux qui parviennent à l’esprit » comme quelque chose de très précieux. « J'aimerais juste un jour pouvoir réaliser un petit livre avec des peintures ou dessins et quelques-uns de mes aphorismes. » Et quand il n’est pas à ses tableaux et à ses aphorismes, le Rouennais joue et compose de la musique sous le nom de Fre(e)d. Il a déjà autoproduit trois maxis. De belles mélodies qui forment une bande-son de choix pour ses tableaux… A découvrir !

Mise à jour le Samedi, 19 Novembre 2011 17:05  

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