Musique bricolée et faite à la maison, caractère hasardeux de leurs performances scéniques… Il y a clairement un côté amateur chez Gablé. Mais gare aux malentendus : ce terme est à prendre dans son acception positive. Les Caennais ne sont pas des musiciens à la petite semaine, je-m’en-foutistes ou de moindre talent. Bien au contraire. « Il y a toujours un aspect un peu branlant et fragile qui caractérise Gablé », explique Mathieu, le fondateur du groupe. « Sur scène, tu as l’impression d’avoir affaire à première vue à des branquignols alors que ce n’est pas du tout le cas. On aime bien amuser les gens et ne pas trop se prendre au sérieux. Tout l’art de Gablé consistant à faire croire qu’il s’agit d’un truc improvisé alors qu’il y a un gros travail derrière. Ce côté foutraque me plaît beaucoup ! »
Projet solo à l’origine, Gablé est devenu une cuisine à trois. Mathieu, à la guitare et aux machines, ayant été rejoint en 2002 par Gaëlle, au synthé, puis par Thomas, à la batterie. Enclins aux explorations et aux collages sonores, ces bidouilleurs artisanaux naviguent entre rock, folk, musiques électroniques, hip-hop, et mêlent leurs parties chant à des samples vocaux notamment.
Une démarche qui peut rappeler celle d’un Beck à ses débuts. Si Mathieu l’entend comme un compliment, lui aime bien citer Daniel Johnston, Sonic Youth, ou encore The Books comme influences. « En général, je crois que j’apprécie les artistes qui ne se limitent pas à un genre. J’aime aussi l’idée du décalage. Comme mettre des choses qui ne sont pas censées aller ensemble par exemple. L’autre jour, on est allés enregistrer un morceau avec une chorale. On lui a fait chanter des textes ultra glauques ! » D’ailleurs, ce titre fera partie du nouveau recueil qui devrait paraître fin mai.
Dans l’entre-deux
Intitulé 7 guitars with a cloud of milk, l’album sera le premier signé sous un label, en l’occurrence celui des Londoniens de Loaf Recordings, mais la quatrième production du groupe après Gablé, Californian touch with a Condé-sur-Noireau way of life et Seminéoproantiantiantifolk, tous trois en téléchargement libre sur son site.
Ainsi, de nouvelles perspectives s’annoncent pour la formation : un album distribué dans plusieurs pays et des concerts dans de plus grandes salles. « C’est assez nouveau pour nous qui avons plutôt l’habitude de jouer dans des bars et des squats, par exemple. On a déjà notre réseau de lieux indépendants en France pour poser nos bagages. Et ce réseau c’est une richesse ! On va donc essayer d’alterner les deux. »
Et en dépit de ces nouveaux paramètres, le groupe ne semble pas prédisposé à se professionnaliser. « On ne cherche pas à vivre de notre musique, on a tous des boulots à côté. Tout ce qu’on souhaite c’est voyager pour rencontrer de nouvelles personnes et continuer à faire notre musique à la maison. La lumière ce n’est vraiment pas notre truc ! »
www.gableboulga.com - www.myspace.com/gableacute
Carte blanche au Cargö, le 23/5 à Caen (avec Marvin, Flexion Flûte...)
Valérie Berthoule