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Liberté, diversité et créativité
Thème: portrait  Publié le 31/03/08
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La diversité est devenue un concept très en vogue ces dernières années. La compagnie Mazurka, elle, l’aborde depuis sa création en 1992. Il y est question de diversité culturelle, mais aussi de diversité des expressions artistiques.

La mazurka, c’est une danse traditionnelle qui a voyagé de la Pologne aux Antilles en passant par la France, - et par Chopin -, se mélangeant tour à tour à d’autres instruments, d’autres arrangements. « L’art, c’est quelque chose qui existe ici et là dans le monde et que les gens s’approprient et transforment. Cette danse symbolise en cela notre philosophie : parler à la fois de la diversité des pratiques artistiques et de la diversité des cultures dans le monde. » La compagnie havraise Mazurka brasse en effet les disciplines : théâtre, danse, conte, spectacle de rue, musique, écriture, etc.

Jocelyn Brudey en est le fondateur et (bientôt) le directeur. Il y œuvre également en tant qu’auteur, metteur en scène, comédien, musicien et animateur d’ateliers d’écriture. « Je ne m’occupe pas de tout, j’essaie de faire en sorte que la compagnie devienne un vivier d’artistes et d’intellectuels. » Formé au Conservatoire d’art dramatique du Havre, Jocelyn Brudey a fondé la compagnie en 1992. Elle devient professionnelle trois ans plus tard. « La première création s’appelait Manman Dlo contre la fée Carabosse, un texte de l’auteur martiniquais Patrick Chamoiseau. A l’époque le concept de la créolité, et la question de l’identité plurielle des Antillais, étaient au centre de mes préoccupations. C’était déjà lié aux notions d’esclavage et de diversité. Par la suite, j’ai voulu explorer d’autres choses. »

La diversité à l’épreuve de la liberté

Aujourd’hui, le travail autour de l’esclavage et de ses incidences actuelles, comme le racisme, est devenu un thème moteur pour la compagnie. Depuis deux ans, son coordinateur s’est engagé dans la formation d’un pôle de projets gravitant autour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Il a ainsi écrit CAL, une pièce de théâtre en relation avec l’histoire des cales négrières, et mis en scène L’esplanade des transports libres, pour ne citer que ces deux créations.

Mais si Mazurka connaît actuellement une bonne dynamique, Jocelyn Brudey ne souhaite pas pour autant faire de la diversité un dogme, de crainte de s’y enfermer. « Je peux aussi bien travailler sur un auteur de la négritude comme Aimé Césaire, que sur un auteur du théâtre de l’absurde, comme Ionesco avec La leçon. Avant toute chose, il est nécessaire d’être libre, y compris dans la création artistique ! »

Après le travail autour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, l’artiste havrais planchera sur le deuxième volet d’Amas/Zones, un projet qui évoque la représentation des femmes, leurs combats pour survivre et le principe de la danse remède. Une nouvelle contrée à explorer pour cette compagnie qui porte décidément bien son nom !


Valérie Berthoule


L'écrit des différences, atelier d’écriture et lectures, le 26/4 à l'Epicerie Culturelle au Havre

CAL, le 10/5 à l’espace Franklin à Elbeuf, conférence-débat le 13/5 à l’Esplanade de Bolbec


www.compagniemazurka.com


Jocelyn Brudey en comédien conteur dans Anatole-Anatole


CAL, avec le comédien congolais Roch Amedet Banzouzi


 
 


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